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Rencontres amicales sous le signe du Ginkgo

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Vous avez dit Ginkgo ?

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Le Ginkgo est un arbre venu du fond des âges qui occupe une place véritablement à part dans le règne végétal et dont le nom même le distingue d’emblée.


Arbre sacré en Orient, sa singularité merveilleuse en fait le symbole parfait pour protéger les échanges entre toutes les personnes souhaitant faire des rencontres amicales en toute sérénité.


Rencontre avec le Ginkgo…


Crédit photo : Fotolia

Un nom insolite…

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Ginkgo, un nom bizarre à l’oreille et difficile à prononcer. Et dont l’orthographe connait en conséquence bien des avatars : ginkgo, ginko, gingko, gingo…


Si les botanistes sont réputés pour leur créativité en matière de noms compliqués, il semblerait que la « faute » de ce nom singulier soit imputable à une malheureuse confusion de lettre lors de la publication des écrits du botaniste allemand Engelbert Kaempfer qui a découvert le Ginkgo à la fin du XVIIe siècle lors d’un voyage au Japon. Le « g » aurait à cette occasion inopinément remplacé le « y » d’origine, le nom de l’arbre étant GINKYO et se prononçant GUINNKYO pour un lecteur français.


Pas si simple…


En Chine,  au XIe siècle, le Ginkgo était nommé « Ya tchio » qui signifie « patte de canard », par analogie avec la forme palmée de ses feuilles. Il portera ensuite plusieurs noms : « Yin Hsing » (fruit d’argent), « Peikuo » (fruit blanc) ou encore «  Koung Choun Chou » (arbre du grand-père et du petit-fils). Au Japon, le Ginkgo est aussi appelé « Itcho ».
Alors, pourquoi « Ginkgo » ? La question est complexe notamment parce que les prononciations des caractères chinois sont différentes selon les régions de Chine, et a fortiori au Japon, et qu’ils peuvent en outre signifier des choses différentes. Selon Li-Hui-Lin, qui a tenté de résoudre cette énigme, « Ginkgo » serait l’appellation littéraire de l’arbre issue d’un nom savant nippon (An horticultural history of Ginkgo -  Li Hui-Lin - 1956).


Crédit photo : © GinkGoSpace

Et de nombreux surnoms évocateurs

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Emerveillés par son histoire de centaines de millions d’années,  les hommes surnomment également le Ginkgo « le survivant », « le phénix », « le doyen des arbres », etc.  Charles Darwin le désignait comme « fossile vivant ».


Sa plastique a aussi inspiré de nombreuses autres appellations : « elephant ear tree », « white fruit » et « animated eggs » pour les anglophones ; et également « Maiden hair tree », « Thousand thalers » / « Arbre aux mille écus » par déférence à la pluie dorée de son feuillage en automne.


En France, le Ginkgo est aussi appelé plus modestement « l’arbre aux 40 écus » car c’est le prix, fort cher à l’époque, que paya en 1780 un botaniste britannique pour racheter à un amateur parisien éclairé, Monsieur Pétigny, un des 5 plants de Ginkgo qu’il avait eu l’imprudence de lui vendre sous l’effet de l’ivresse après un repas copieusement arrosé. Désireux de récupérer un peu de sa précieuse marchandise, le botaniste proposa de racheter à Monsieur Pétigny un seul plant de Ginkgo 40 écus, soit le prix que ce dernier avait payé le jour précédent pour les 5 plants. Mais Monsieur Pétigny refusa de se dessaisir de son bien. Cette anecdote a eu une suite heureuse : presque tous les Ginkgos de France descendraient des 5 plants importés d’Angleterre par Monsieur Pétigny.


Crédit photo : © GinkGoSpace

Un arbre intemporel

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Le Ginkgo est l’espèce d’arbres la plus ancienne que le globe terrestre ait portée. Il est apparu sur Terre il y a 250 millions d’années (Ginkgo primigenia), soit 50 millions d’années avant les premiers dinosaures, à la fin de l’ ère primaire alors que toutes les terres émergées ne formaient qu’un seul et même continent : la Pangée. Le Ginkgo a depuis traversé avec sérénité les ères géologiques et leurs convulsions climatiques pour nous parvenir Ginkgo biloba.


Ayant démontré sa capacité extraordinaire à résister à l’épreuve du temps, le Ginkgo continue à témoigner d’une capacité étonnante à se défendre contre les parasites communs, insectes et champignons, mais aussi contre les virus et les bactéries. D’un caractère très accommodant, il résiste à -20°C et peut prospérer en zone semi-tropicale si le climat n’est pas trop sec. Il aime les saisons biens contrastées, avec des étés chauds et secs et de vrais hivers.


Le Ginkgo fait aussi preuve d’une résistance et d’une robustesse exceptionnelles aux pollutions chimiques urbaine et industrielle. Il s’épanouit dans des mégapoles comme Séoul, Tokyo ou New York où c’est l’espèce la plus plantée le long des avenues de Manhattan.


A Hiroshima, le Ginkgo a définitivement émerveillé les hommes en refleurissant au printemps suivant l’explosion de la bombe atomique. La repousse, symbole de vie extraordinaire, fut entourée de tous les soins et est aujourd’hui un bel arbre.


Symbole de longévité inégalé, le Ginkgo est un formidable hymne à la vie à l’ombre duquel les hommes peuvent s’abriter en toute confiance.


Crédit photo : © Sampieri Robert

Monsieur et Madame Ginkgo

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Caractéristique originale, bien que non exceptionnelle, le Ginkgo est dioïque, c’est-à-dire qu’il y a des arbres mâles et des arbres femelles.

 

Mais le Ginkgo devient véritablement inclassable dans le monde végétal quand on considère son mode de reproduction : le Ginkgo pond des œufs et a un mode de reproduction proche des ovipares !

 

Les Ginkgos femelles se couvrent vers la fin de l’été de simili-fruits de la taille et de la couleur de mirabelles. Ce sont des ovules qui, une fois fécondés par le pollen mâle, donneront des œufs : le pollen germe et produit de véritables spermatozoïdes, mobiles par définition, qui nagent vers la cellule femelle et la pénètre pour fusionner avec elle. Ces œufs sont bourrés de substances de réserve, d’amidon notamment, qui ressemblent à un jaune d’œuf. Après une période de gestation, les œufs germent et donnent naissance à une nouvelle pousse de Ginkgo.

 

Crédit photo : © Fotolia

Une feuille unique et inspiratrice

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La forme des feuilles  de Ginkgo ne ressemble à aucune autre : chez les arbres jeunes, elles sont plus ou moins profondément divisées en deux lobes formant un cœur (ce qui a donné le nom de « Biloba » à l’espèce) alors qu’elles forment un éventail chez les sujets adultes.

 

Le charme esthétique de cette feuille a inspiré les artistes depuis des siècles et on retrouve ce motif sur des céramiques, des faïences, des estampes, des textiles, etc.

 

Au Japon, les familles ont utilisé la feuille de Ginkgo dans leurs armoiries depuis le Moyen-âge. Toujours au Japon, les hommes ont porté depuis la période Edo (1600 -1868) un chignon en touffe représentant une feuille de Ginkgo. La forme, la taille et la position de la touffe étaient en fonction du rang social : les Samouraïs ou les lutteurs de sumo portaient l’o-icho, ou grand Ginkgo, alors que les négociants ne pouvaient arborer que le ko-ichoou, ou petit Ginkgo. Les femmes portaient aussi ce type de chignons, comme le icho-gaeshi ou papillon Ginkgo.

 

Plus récemment, en Europe, les artistes de l’Art nouveau (Fin XIXème – Début XXème siècle) ont beaucoup utilisé le motif des feuilles de Ginkgo. Depuis 1989, la feuille de Ginkgo est l’emblème de la ville de Tokyo. Et sa plastique continue d’inspirer les artistes aujourd’hui.

 

Goethe, qui fut aussi un botaniste réputé et possédait plusieurs Ginkgos dans son jardin, a composé un poème en 1815 à la feuille de Ginkgo :

Ginko Biloba

La feuille de cet arbre

Qu’à mon jardin confia l’Orient

Laisse entrevoir son sens secret

Au sage qui sait s’en saisir.

 

Serait-ce là un être unique

Qui de lui-même s’est déchiré ?

Ou bien deux qui se sont choisis

Et qui ne veulent être qu’un ?

 

Répondant à cette question

J’ai percé le sens de l’énigme

Ne sens-tu pas d’après mon chant

Que je suis un et pourtant deux ?

 

Enfin, les feuilles de Ginkgo auraient aussi un pouvoir insecticide et les Chinois en glissaient dans les livres pour les protéger…

Un arbre fort et vigoureux

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Le Ginkgo n’est pas l’arbre le plus grand, ni le plus gros, ni celui qui vit le plus longtemps. Mais c’est un arbre grand, fort, vigoureux et qui atteint un âge vénérable. Certains spécimens en Chine dépasseraient les 40 mètres de haut et approcheraient les 4000 ans d’âge.  C’est un arbre yang, symbole de force et d’énergie.

 

Le plus vieux Ginkgo de Corée se dresse auprès d’un vieux monastère : âgé de 11 siècles, il mesure 31 mètres de haut pour 17 mètres de circonférence. Au Japon, le Ginkgo de Sendaï, dont le tronc fait 8 mètres de circonférence et sa ramure couvre 250 m², a environ 1250 ans et a résisté au terrible tsunami qui a ravagé le nord-est du pays en mars 2011. Au Japon, 400 Ginkgos sont classés monuments naturels nationaux.

 

En Europe et en Amérique, les arbres sont de taille plus modeste car ils sont beaucoup plus jeunes. En effet, l’habitat naturel du Ginkgo s’est progressivement réduit à la Chine et au Japon et il a fallu attendre la main des botanistes pour qu’il soit réintroduit sur ces continents.

 

Le Ginkgo fut réintroduit en Europe au XVIIIème siècle et son expansion y fut rapide. Le plus ancien Ginkgo européen serait hollandais et a été semé en 1730 au jardin botanique d’Utrecht. En France, le premier Ginkgo fut planté à Montpellier en 1778, rue du Carré du roi, par le botaniste Antoine Gouan.

Le Ginkgo traversa alors rapidement l’Atlantique et deux arbres à Philadelphie, plantés vers 1784, se disputent l’honneur d’être le premier Ginkgo américain.

 

On peut aujourd’hui voir en Europe et en Amérique de très beaux spécimens qui témoignent de l’exceptionnelle vitalité du Ginkgo.  Au bois de Boulogne, sur l’ile du lac inférieur, on peut admirer le « survivant » : décapité lors de la tempête de 1999, ce Ginkgo a reconstitué sa cime et a continué sa croissance de plus belle (Photo)

Crédit photo : © GinkGoSpace

Un arbre vénéré par les hommes

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Il n’est donc pas surprenant que le Ginkgo fascine les hommes dont certains lui reconnaissent même un caractère sacré.


L’Orient voue au Ginkgo un culte particulier depuis des siècles. Les Ginkgos y arborent les jardins, les parcs mais aussi les enceintes des temples. La cour des Song (960 – 1272) en Chine considéraient son fruit comme une rareté précieuse. Ainsi, au XIème siècle, Onhang Xiu  évoquait dans un poème le Ginkgo : "les noix sont comme des perles données à un invité très cher ".


Les raisons de ce culte sont multiples : amour de la nature en général, considérations religieuses notamment liées au culte des ancêtres, et réflexions philosophiques : la dualité mâle et femelle du Ginkgo résonne avec celle du Yin et du Yang, symbolisant l’unité des opposés. Le Ginkgo est aussi paré de vertus magiques : ainsi, les géomanciens auraient voué un culte au Ginkgo pour ses charmes agissant sur les diables et attirant les « chens », génies bienveillants.


Au Japon, les vieux Ginkgos sont adorés comme de véritables divinités.


Certains vieux Ginkgos produisent des excroissances, sorte de racines aériennes, le long du tronc et des branches, qui peuvent rejoindre le sol, former des racines et donner naissance à de nouveaux troncs et de nouvelles branches, caractéristique qui n’existe que chez le Ginkgo. Au Japon, ces excroissances, perçues comme un signe de fertilité, sont baptisées Chi Chi, c'est-à-dire mamelles, et font l’objet d’un culte dévot par les femmes Shinton.


On croit également que le Ginkgo protègerait du feu. Ainsi pendant le grand incendie qui a ravagé Tokyo après le tremblement de terre de 1923, beaucoup de Ginkgos ont survécu alors que les autres arbres sont morts.
Enfin, le Ginkgo est paré de très nombreuses vertus curatives depuis des siècles. Il semblerait qu’il ait toujours fait partie de la thérapeutique chinoise puisque le recueil « Chen Noung Pen T’sao » le mentionnait déjà vers 2 800 ans avant Jésus-Christ !


De nombreux chercheurs tentent aujourd’hui de percer le mystère de son incroyable longévité et résistance.  Le Ginkgo devrait sa survie à une immunité naturelle à l’égard de la plupart des agresseurs du monde vivant. Sa longévité de 250 millions d’années serait aussi peut-être due à un avantage génétique.


La réponse à ces questions ne serait rien de moins qu’un pas dans la quête de l’immortalité…
Crédit photo : © Sampieri Robert

Pour aller plus loin

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Ginkgo biloba, L’arbre qui a vaincu le temps
Pierre-François Michel, Collection l’Art du Vivant, Editions Le Félin – Kiron, novembre 2008


Cet ouvrage, dont nous nous sommes largement inspirés pour écrire cet article, fait la synthèse des connaissances disponibles à ce jour sur le Ginkgo.  Il est par ailleurs illustré de photos somptueuses qui donnent envie d’aller à la rencontre de cet arbre magnifique ainsi de très belles planches botaniques. Sa bibliographie complète sera précieuse pour ceux qui souhaitent approfondir le sujet.


Le ginkgo, le plus vieil arbre du monde
Alain Serres – Zaü
Editions Rue du monde, mai 2011


Cet album, très joliment illustré, enchantera les petits et les grands.

Goethe & the Ginkgo: A Tree & A Poem
Siegfried Unseld - University of Chicago Press

Crédit photo : © Editions du félin

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